Le consensus européen en matière de développement, adopté par le Conseil et par les représentants des gouvernements des États membres réunis au sein du Conseil, par le Parlement européen et par la Commission le 22 novembre 2005 [Déclaration conjointe] déclare que l'objectif primordial - qui recouvre tous les autres - de la coopération au développement de l'Union européenne est l'éradication de la pauvreté dans le contexte du développement durable, notamment en s'efforçant de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Les huit objectifs du Millénaire pour le développement sont: la réduction de l'extrême pauvreté et de la faim, l'assurance d'une éducation primaire pour tous, la promotion de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes, la réduction de la mortalité des enfants, l'amélioration de la santé maternelle, le combat contre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies, l'assurance d'un environnement durable et la mise en place d'un partenariat mondial pour le développement. Cependant, l'Union européenne est fondée sur les valeurs de démocratie, d'état de droit, de respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales et œuvre pour développer et renforcer l'attachement à ces valeurs dans les pays et régions partenaires par la voie du dialogue et de la coopération (articles 2 et 21 TUE). C'est pourquoi, le consensus déclare aussi que l'UE reconnaît le rôle essentiel de surveillance joué par les représentants des citoyens élus démocratiquement et qu'elle encourage une participation accrue des assemblées nationales, des parlements et des autorités locales.
Dans ce contexte, l'Union européenne finance des mesures visant à soutenir la coopération avec les pays, territoires et régions en développement (ci-après dénommés "pays et régions partenaires") figurant sur la liste des pays bénéficiaires d'aide du Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et énumérés à l'annexe I. L'objectif primordial - et prédominant - de la coopération prévue par le règlement portant établissement d'un instrument de financement de la coopération au développement consiste à éradiquer la pauvreté dans les pays et régions partenaires dans le cadre du développement durable, y compris les efforts visant à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement ("objectifs du Millénaire"), ainsi qu'à promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits de l'homme et de l'état de droit [Règlement 1905/2006, mod. en dernier lieu par règlement 1341/2011]. Dans le droit fil de cet objectif, la coopération avec les pays et régions partenaires doit:
- consolider et soutenir la démocratie, l'état de droit, les droits de l'homme ainsi que les libertés fondamentales, la bonne gouvernance, l'égalité des sexes et les instruments internationaux pertinents du droit international;
- favoriser le développement durable - y compris pour ce qui est des volets politique, économique, social et environnemental - dans les pays et régions partenaires, et notamment les plus défavorisés d'entre eux;
- œuvrer en faveur de leur insertion harmonieuse et progressive dans l'économie mondiale;
- contribuer à l'élaboration de mesures internationales destinées à préserver et à améliorer l'état de l'environnement et à assurer une gestion durable des ressources naturelles au niveau mondial, afin de garantir le caractère durable du développement, notamment en prenant en compte les changements climatiques et la perte de la diversité biologique; et
- renforcer les liens entre l'UE et les pays et régions partenaires.
Aux fins de la mise en œuvre du règlement 1905/2006, une approche différenciée est adoptée selon les contextes et les besoins en matière de développement, afin de soutenir les pays ou régions partenaires au moyen de programmes spécifiques, conçus sur mesure, fondés sur leurs besoins, leurs stratégies, leurs priorités et leurs atouts propres. La priorité, dans le cadre de la répartition globale des ressources, est accordée aux pays moins avancés et aux pays à faible revenu, afin d'assurer la réalisation des objectifs du Millénaire. Cependant, une attention suffisante est accordée au soutien à apporter au développement en faveur des pauvres dans les pays à revenu intermédiaire, et notamment les pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure, dont un grand nombre font face aux mêmes problèmes que les pays à faible revenu.
Par ailleurs, un instrument financier pour la promotion de la démocratie et des droits de l'homme dans le monde contribue à la réalisation des objectifs de la déclaration sur la politique de développement de l'Union européenne (DPD), intitulée "le consensus européen" [Règlement 1889/2006, mod. en dernier lieu par règlement 1340/2011]. En vertu de ce règlement l'UE fournit une aide, dans le cadre de la politique de l'UE concernant la coopération au développement et la coopération économique, financière et technique avec les pays tiers, cohérente avec la politique étrangère de l'Union européenne dans son ensemble, contribuant au développement et à la consolidation de la démocratie et de l'État de droit ainsi qu'au respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En plus des objectifs du Millénaire, le programme de l'UE pour la prévention des conflits violents, entériné par le Conseil européen, souligne l'"engagement politique de l'UE à faire de la prévention des conflits un des principaux objectifs des relations extérieures de l'UE" et indique que les instruments européens de coopération au développement peuvent contribuer grandement à atteindre cet objectif et à faire de l'UE un acteur mondial. Pour atteindre cet objectif, le règlement instituant un instrument de stabilité permet à l'UE de prendre des mesures de coopération au développement ainsi que des mesures de coopération financière, économique et technique avec les pays tiers, aux conditions suivantes [Règlement 1717/2006]: (a) dans une situation de crise ou de crise émergente, contribuer à la stabilité en prévoyant une réaction efficace pour aider à préserver, établir ou restaurer les conditions essentielles pour permettre la mise en œuvre effective des politiques de développement et de coopération de l'UE; (b) dans le cadre de conditions stables permettant la mise en œuvre des politiques de coopération de l'UE dans les pays tiers, contribuer à créer les capacités afin de faire face aux menaces mondiales et transrégionales spécifiques qui ont un effet déstabilisateur et d'assurer la préparation pour aborder les situations d'avant-crise et d'après-crise. L'aide européenne prévue par l'instrument de stabilité intervient en complémentarité de celle qui est apportée en vertu des instruments européens afférents consacrés à l'aide extérieure [voir les sections 25.6 et 25.8]. Elle n'est fournie que dans la mesure où une réaction appropriée et efficace ne peut être mise en œuvre dans le cadre desdits instruments.
Une aide européenne technique et financière dans le cadre des objectifs particuliers de l'instrument de stabilité visés au point (a) ci-dessus, peut être engagée pour répondre à une situation d'urgence, de crise ou de crise émergente, à une situation constituant une menace pour la démocratie, l'ordre public, la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou la sécurité et la sûreté des personnes, ou à une situation menaçant d'évoluer en conflit armé ou de déstabiliser gravement le pays ou les pays tiers concernés.
L'assistance dans le cadre de conditions de coopération stables est accordée notamment pour prévenir des menaces pour l'ordre public, la sécurité et la sûreté des individus, l'infrastructure critique et la santé publique. L'assistance européenne dans ce contexte vise notamment: (a) le renforcement des compétences des autorités répressives et des autorités judiciaires et civiles impliquées dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains, le trafic de drogue, les armes à feu et les explosifs et dans le contrôle effectif du commerce et du transit illégaux; (b) le soutien aux mesures visant à répondre aux menaces pour le transport international, les opérations dans le domaine de l'énergie et l'infrastructure critique, y compris le trafic de passagers et de marchandises et la distribution énergétique; et (c) la contribution à la garantie d'une riposte appropriée aux menaces soudaines et graves pour la santé publique telles que les épidémies ayant un impact transnational potentiel.